Enquêtes

N° 1 février 2011

Société et violences

Le premier ministre du Kosovo est nettement dans le collimateur européen.

D'abord accusé en 2008 par Carla Del Ponte, procureure du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) puis par un rapport du sénateur suisse Dick Marty, rendu public le 16 décembre 2010 pour le compte du conseil de l'Europe, Hashim Thaçi, ex-commandant en chef de l'ancienne Armée de Libération du Kosovo (UCK) et actuel Premier ministre du Kosovo, vient d'être très officiellement accusé d'être le « parrain » d'un réseau de crime organisé impliqué depuis 1999. Trafics d'armes, de drogue et d'organes humains prélevés sur des prisonniers serbes auraient financé la lutte armée.

Hashim Thaci et d'autres anciens dirigeants de l'UCK « sont constamment qualifiés "d'acteurs clés" dans les rapports des services de renseignement consacrés aux structures de type mafieux de la criminalité organisée du Kosovo », note le rapport Marty.

En 2008, Carla Del Ponte publie un livre qui évoque des informations, des soupçons et des investigations, sur le trafic d'organes et la participation à ce trafic de « plusieurs officiers de haut rang et de rang intermédiaire de l'UCK ».

En 2009, un documentaire de la BBC aborde en images le sujet.

Le rapport Marty manque de preuves, selon certains observateurs, en premier lieu pour la diplomatie kosovare, ce qui pourrait être simplement de bonne guerre. « Son contenu n'apporte pas d'élément nouveau décisif, par rapport à d'autres publications, notamment le livre de Carla Del Ponte : "La traque, les criminels de guerre et moi" », écrit par exemple l'ambassadeur de la République du Kosovo en Belgique, Ilir Dugolli, dans le quotidien Le Soir.

Des rapports secrets de l'Otan, évoqués par le quotidien britannique The Guardian du 24 janvier 2011 désignent Hashim Thaçi comme l'un des « plus gros poissons » du crime organisé au Kosovo.

 

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